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 Koth

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Odi-Zan
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MessageSujet: Koth   Mer 25 Avr - 19:53



Trouvable sur Manuscrits : l'Univers Fan-Fictions
Odi-Zan a écrit:
Cette courte nouvelle raconte la fin d'un grand maître de l'Ordre Jedi lors de la bataille précurseure de la Guerre des Clones. C'est une fin alternative de Koth, puisque je n'accepte pas vraiment sa mort ici, mais c'est peut-être pour admettre et pardonner l'innévitable que j'ai écris cette fan-fic...



Le néant. La Force ? La vie.
Le sable assaillit le cuir d’une peau qui, un instant avant, n’aurait pas sentit le poids d’un Bantha. Quelques cristaux roux pénétrèrent les plaies béantes du corps étendu sur la plaine. D’un corps inerte et terriblement meurtri. À première vue il s’agissait d’un humanoïde. Oui, un corps d’homme. Mais la présence illicite de cornes sur le crâne chauve démentait l’appartenance à la race humaine. À vrai dire, peu de créatures aussi proches, physiquement, des humains présentaient de pareils appendices roides. Neuf, tel était le nombre de cornes hérissées sur la tête du corps mortellement blessé. Un Zabrak. Il s’agissait ni plus ni moins de cette créature aux facultés surélevées en matière de résistance physique et mentale. Pourtant, le mâle semblait avoir rendu l’âme. Pourquoi ? Qu’avait mené un pareil guerrier si loin de chez lui, au plus profond des mondes les plus éloignés de la Bordure Extérieure ?

Calfeutré derrière une épaisse cape sombre et carbonisée par endroit, on pouvait encore observer les innombrables tatouages faciaux de l’individu aux portes, sans conteste, de la mort. Pareilles à des rites religieux, ces inscriptions artistiques étaient simplement l’aboutissement d’un cap de la vie des jeunes Zabrak. Il existait des cérémonies, sur Iridonia le Berceau ainsi que sur les autres colonies zabraks éparpillées dans la galaxie, durant lesquelles les adolescents élaboraient les schémas complexes de leurs tatouages aussi bien faciaux qu’entièrement corporels. Puis, avec les années et les innombrables confrontations auxquelles assistait l’humanoïde, il pouvait agrémenter à sa guise le dessin charnel qu’il porterait à vie… ou à mort. Quel était le combat de cet être là, allongé sur le sol, le sang au bord des lèvres ?

Le soleil de Géonosis brûla l’épiderme du Zabrak. Un grondement régulier résonna quelque part en son cortex cérébral, ajoutant une nouvelle dose de douleur. Douleur ? Si, par un quelconque miracle, il parvenait encore à caractériser une souffrance alors le mâle Zabrak était encore en vie. Il se risqua soudainement à ouvrir les yeux. Des yeux noirs et baignés de concentration. Sa survie en dépendait. Mais la lumière aveuglante du jour entamé brûla la rétine des yeux restés dans l’obscurité des couloirs de la mort. Cette intense douleur réanima vivement la créature qui referma les yeux. Cette fois-ci, elle retrouva une part de lucidité et se remit à penser. Le cerveau étant de nouveau irradié de sang, malgré les pertes non négligeables, le Zabrak tenta d’analyser sa situation. Qui était-il ? Où était-il ?
S’il parvenait à répondre à ces questions, peut-être serait-il en mesure d’agir.
Sans réfléchir, guidée par un instinct aussi indélébile que ses propres tatouages, la main du Zabrak se porta à sa ceinture et, tâtonnant dans l’espace alentour, se referma sur un objet cylindrique filiforme. Au moment de l’étreinte avec le tube métallique, les souvenirs affluèrent enfin. Un premier mot lui parvint immédiatement : Jedi. Et sans plus tarder, le second fit surface à son tour : Crucitorn. Jedi ? Crucitorn ? À quoi cela pouvait-il bien correspondre ? Le Zabrak se pencha sur le côté, lui demandant un effort considérable, afin de prendre conscience de son existence matérielle, charnelle. Privé ainsi des rayons directs du soleil aride, son visage pu bénéficier d’une zone d’ombre qu’il mit à disposition du regard. Il ouvrit les yeux, sans trop chercher d’explication et aperçu une vision de cauchemar.

Devant ses yeux fébriles se trouvait, fichée dans la dune, l’épave d’un véhicule de moyenne envergure aux flammes nombreuses et menaçantes. Cela devait être la source du bourdonnement plat dont il était question quelques instants plus tôt. Un nouvel instinct de survie, récemment réhabilité dans son âme, le Zabrak se retira en arrière. Puisant dans ses réserves, apparemment encore persistantes, il tira sur ses cuisses rougies de brûlures et de douleurs silencieuses. Il se cogna contre un corps, un corps de Jedi. Un Klatoonien aux premiers abords. Un collègue. Un coreligionnaire.
Un garant de la paix et de la justice partout dans la galaxie, tel était son rôle et celui du Zabrak. Oui, voilà à quoi correspondait son souvenir, ce terme si profond et si universel que Jedi. Il le savait maintenant, s’en souvenait, il était l’un d’eux : un Jedi, un vrai ! Mais celui qui était sur le sol rouge semblait très mal en point, voire décédé. Et celui-là ne disposait pas du Crucitorn du Zabrak pour compter survivre. Du Crucitorn ? Bien sûr ! Cette faculté ancestrale était inculquée aux seuls êtres capables, par nature, de résister aux souffrances et maltraitances physiques intenses, comme morales. Le Crucitorn était une branche de l’entraînement Jedi visant à faire abstraction de cette douleur et la transformer en une nouvelle énergie, en endurance. Sur Iridonia, le monde d’origine des Zabraks, la vie rude que menaient ses habitants leur forgea une volonté de fer, unique, leur permettant d’accomplir des prouesses ; le tout pour survivre chez eux, tout simplement. Toutefois le Jedi Zabrak ne resta pas sur ses acquits et mit à profit ses aptitudes à son enseignement pour évoluer sur le chemin de la Force. Ainsi, il pu survivre malgré cette terrible explosion qui détruisit le transport qu’il avait emprunté, en décollant de l’arène des exécutions. Car, de toute évidence, il s’agissait d’une mission de sauvetage et deux cent Jedi avaient été mobilisés pour sauver deux des leurs et contrer une menace extérieure : les Séparatistes, opposés à l’immortelle République ; aujourd’hui vacillante comme jamais.

Le Zabrak se releva, apporta son sabrolaser devant son visage et activa le déploiement d’une lame énergétique aux reflets verts. Verts comme son bracelet de cuir iridonien. Un bracelet qu’il avait depuis sa plus tendre, mais difficile, enfance ; l’ayant entraînée au plus profond des bas-fonds de Nar-Shaddaa, la lune des contrebandiers du système Hutt. Grâce au nom inscrit sur son bracelet de cuir, un maître Jedi répondant au nom de Zonna Massty pu apprendre son identité et le sortir de ces mondes obscurs. Il amena le petit au Temple Jedi, et le présenta sous son nom au Conseil, nom fournit par le bracelet en cuir vert : Eeth Koth. S’il fut tout d’abord beaucoup trop âgé du haut de ses quatre ans, le jeune Koth prouva que, grâce à ses étonnantes capacités mentales, sa participation à l’Ordre n’était pas superflue, bien au contraire. Et l’approbation du Conseil fit naître l’un des plus grands maîtres Jedi de toute l’histoire de l’Ordre. En effet, respecté par ses pairs, connu par la plupart des Jedi, Eeth Koth fut rapidement promu au plus haut grade de son organisation : il devint membre du Conseil Jedi, à son tour. Marque de prestige par excellence, de confiance exemplaire et de compétences irréprochables, Koth forma bientôt un apprenti qui devient un grand héros et l’un des plus connu d’entre les padawan. Une icône en formant une autre, Koth entra dans les annales comme l’un des plus grands, aux côtés de son meilleur ami Mace Windu, dont l’amitié réciproque était sans précédant puisque régissant de la Concordance de Féauté, pacte et marque ultime et inaltérable d’amitié, de loyauté aveuglément compréhensible. Mais pour l’heure, ce même héros peinait à se mettre debout. Un geste si simple, si élémentaire, que seul un homme aux portes de l’unification finale avec la Force ne pouvait plus effectué. Pourtant, Koth devait vivre ! Il était l’un des douze piliers de son Ordre, une pierre nécessaire du fragile édifice de la régie des Jedi. Toutefois, et Koth le savait bien désormais, il y avait moult valeureux gardiens qui méritaient aussi leur place au sein du Conseil, tout comme son ami Agen Kolar, Zabrak également, qu’Eeth Koth initia au Crucitorn et aux autres techniques propres à leur race.

Koth désactiva la lame verte, ayant récupéré ses souvenirs. Derrière lui, le Klatoonien Tarados Gon ne respirait plus et quelques soldats en armure blanche gisaient sur la dune dorée. Des clones, des soldats républicains créés pour sauver la Démocratie de la menace du Comte Dooku, un Jedi déchu. Leur intervention troubla le destin et beaucoup de Jedi survécurent certainement, mais la si Force décida que Koth allait mourir alors Eeth Koth ne pouvait s’y abstenir. D’autant que son parcours resterait mémorable et respecté par les siens. Il regretterait seulement de ne pas les assister dans la période de crise qui allait, à coup sûr, suivre cette folle bataille.

C’est alors qu’un vaisseau aux courbes typiquement géonosiennes survola la zone du crash pour progresser vers le cœur des affrontements majeurs entre les troupes républicaines et séparatistes. Percevant l’aura maléfique de l’appareil, l’illustre Eeth Koth se laissa envahir par la puissance éternelle de la Force, puisant dans des forces qui, malgré la gravité de l’explosion, de l’impact et de ses blessures mortelles, pour chacune, persistaient encore.

Utilisant tout son savoir, sa maîtrise perfectionniste, le maître Jedi s’imbiba du courant d’énergie intemporelle et projeta une vague de Force vers le véhicule aérien géonosien qui s’écrasa contre une colonne rocheuse de l’immensité désertique de la planète. Il venait de préserver la vie d’un ou plusieurs généraux Jedi ainsi que celle de leurs troupes. Pourtant, le sérieux de ses plaies eut raison de lui, de ce Jedi. Il se noya dans les méandres de la Force avant de rejoindre son fluide immatériel.
 — Je te rejoins enfin, Sharad Hett, mon meilleur apprenti…
Sa voix grave s’éteignit, il tomba à genoux. Et son corps percuta le sol rougeoyant.
L’un des plus grands maîtres Jedi de l’Histoire s’effondra auprès d’inconnus soldats blancs.
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